
Salaires : Les dirigeants des banques et des grandes entreprises doivent être logés à la même enseigne que les salariés
Le G20 de Washington a appelé le secteur financier à la modération salariale. Cet appel semble commencer d’être entendu outre-Atlantique puisque deux banques ont annoncé que leurs dirigeants renonceront à leurs bonus de fin d’année pour 2008. Cet « exemple » n’est pas que symbolique puisque la presse nous apprend que l’un des dirigeants concernés a bénéficié de 68,5 millions de dollars de bonus en 2007 en plus bien sûr de son salaire de base…
Ce mouvement doit inspirer l’Europe et particulièrement la France. Le Président de la République ayant, en tant que Président de l’Union Européenne jusqu’à la fin de l’année, présidé la réunion du G20, il lui appartient désormais de montrer que le pays qu’il dirige suit les préconisations qui ont été faites à cette occasion.
Le secteur financier et bancaire français doit également tirer les conséquences de la crise financière qu’il a lui même provoquée. Il est en effet injuste et insupportable aux yeux des Français que les dirigeants des banques et des sociétés financières continuent, comme si de rien n’était, à spéculer et à bénéficier de rentrées financières de toute sortes, tout en demandant des efforts à leurs salariés et en étranglant par le resserrement du crédit les PME qui créent de la richesse réelle et non virtuelle.
Je demande donc à l’Etat d’exiger des dirigeants et des traders du secteur bancaire et financier la modération salariale, le renoncement aux stock options et aux parachutes dorés.
Mais il faut aller plus loin. En ces temps de difficultés économiques et de plans sociaux à répétition, ce sont toutes les sociétés du CAC 40 qui doivent montrer l’exemple en mettant fin à la cupidité sans bornes de leurs dirigeants. Les entreprises ont une responsabilité sociale éminente. Un système dans lequel on impose tous les sacrifices aux salariés en épargnant les dirigeants de tout effort, finira par imploser. Si les entreprises ne sont pas capables d’en prendre conscience seules, c’est à l’Etat de prendre ses responsabilités.