Les débats participatifs

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L'éducation, un sujet primordial.

Par Pierre-Yves29 le 17/08/2008

L'éducation aujourd'hui

De toutes les questions qui traversent notre société agitée de nombreux débats, l'éducation devrait être à bien des égards la principale. En effet, les différentes interrogations de caractère économique (baisse du taux de chômage, déficits...) sont à la société ce que la nourriture est à l'Homme : un bien utile mais qui en rien n'influera sur sa vision de la vie, sur la construction de sa pensée. L'éducation, c'est non seulement la société pensante mais aussi l'Homme appelé à penser. C'est-à-dire la base d'une civilisation, ce qui détermine sa destinée. Autant dire qu'elle est essentielle. Car si l'économie détermine les conditions terrestres de l'Homme, l'éducation en définit le caractère intellectuel, et au- delà spirituel. Ainsi, afin de poser les bases du débat, on pourrait dire que l'éducation permet à l'Homme de croire et de penser. Néanmoins, la tendance actuelle de la société est plus de tendre vers l'efficacité économique que vers l'émancipation par l'éducation. Pourquoi une telle évolution ? Et dans quelle mesure la société toute entière s'y laisse-t-elle sombrer ? Mais surtout, comment l'Homme peut-il s'opposerà cet abandon, en France et dans le monde ?

L'éducation est ce qui permet, quand elle n'est pas sous contrôle permanent, d'apporter au citoyen tous les éléments de réflexion lui permettant de voter, voire même de porter une analyse approfondie sur la société et son évolution. Il est ainsi évident qu'elle présente un réel danger pour les dirigeants si elle continue à mener sa mission à bien. La tendance (et cela dans les pays « démocratiques ») est plutôt à la « professionalisation ». Un mot si complexe qu'on pourrait le croire intelligent. Il présente la solution miracle contre une libération dangereuse des esprits humains.
En effet, une vision globale de la société suppose une connaissance globale de ses structures de pensée. Celles-ci sont radicalement différentes selon les civilisations, et pourtant, un empire commun peut être distingué : l'empire de l'argent. Il gouverne et ne peut accepter qu'on parvienne à le remarquer, en tant qu'entité de pouvoir, en tant que détourneur de démocratie. Les gouvernants ne gouvernent plus. L'argent s'en charge. Et avec lui, le capital et les plus grands capitalistes. Quel rapport avec l'éducation ? Son écrasement progressif, et avec elle, celui de tous les peuples. Et c'est un fait, en France comme ailleurs, le capital tente et parvient parfois à investir dans l'éducation, faisant preuve, en cela d'une philantropie incroyable ! " Et on ne peut, à long terme, écarter l'hypotèse d'une influence sur les programmes, et donc sur la pensée citoyenne. Et par la même sur les élections. Cette question, à première vue dépourvue de sens, peut désormais tout à fait se poser : La « professionalisation » n'est-elle pas synonyme d'« animalisation » d'une société toute entière ?
Mais il est peu probable, diraient certains, que la sphère politique accepte de tels changement, hypotéquant ainsi l'avenir de l'Humanité. Certes, mais il n'en est pas moins que, toutes couleurs confondues, les gouvernement s'engagent joyeusement dans un chemin qui de fin n'a qu'un précipice, un vide intellectuel. L'action aveugle parfois, et nous ne les rendrons donc pas redevables de telles folies. Car il s'agit bien de folies, ni plus ni moins. Accepter, pour gagner de l'argent, pour "faire des économies", de fouler au pied si violemment l'avenir de tout un pays, de toute une civilisation, ne peut être apppelé autrement. Ainsi, se succèdent dans nombre de pays "développés", suppressions de postes de professeurs, créations de chaires par des entreprises (l'Oréal au Collège de France) et appauvrissement des programmes. Cette batterie de réformes n'a en réalité qu'un seul et unique but : en venir à l'annihilation progressive de toute opinion critique et de ceux possédant un minimum de bagage intellectuel. Il est donc, et c'est un constat largement partagé, un tournant dangereux que l'éducation est en train de prendre. La situation si clairement posée, il s'agit désormais de tenter de trouver des antidotes à ce poison lent, qui axphyxie notre éducation, et par là même notre société.

Le problème a, comme nous l'avons vu précédemment, de nombreuses sources. Non seulement le capital qui prend le pas sur le monde intellectuel, mais aussi la passivité inquiétante des politiques face cette évolution. Il n'est pas de réformes à travers laquelle on ne puisse apercevoir cette lente, mais sûre évolution. A commencer par la réforme de l'Université, certainement la plus remarquable à ce sujet. En effet, cette réforme part d'un constat aussi simple qu'erroné : l'Etat n'a plus d'argent. Ce qui, ici, est aisément modifiable par : l'Etat n'a plus d'argent pour l'éducation. La conclusion logique est donc : l'argent pour financer l'éducation doit venir d'institutions, d'entreprises privées. Cela est aujourd'hui valable pour les universités, mais qui sait si demain cela ne le sera pas pour le primaire et le secondaire ? Nul ne peut l'affirmer, et est bien malin celui qui y parvient. Cet argent peut évidemment, diront les fervents partisans de cette réforme, faire avancer la recherche, favoriser les recrutements (par les présidents) d'excellents professeurs. Mais quelle recherche ? Quels professeurs ? Tout simplement ceux qui iront dans le sens du "mécène" : les entreprises. Ainsi, admettons qu'une entreprise décide d'investir dix millions d'euros (somme considérable) dans une université. La loi prévoit alors que 25 % des affectations de ces fonds pourront être orientés par le donateur dans le domaine qu'il affectionne, quand 75 % seraient centralisés. Néanmoins, il est difficile de croire que le président n'aura pas sur lui l'épée de Damoclès entreprenariale qui menacera de ne pas engager ses fonds s'ils ne sont pas utilisés pour telle recherche. Telle recherche entraînant tel brevet... vendu par la suite à ladite entreprise ! Que la nouvelle éducation est belle ! Qu'elle est fructueuse ! Réjouissons-nous que la science progresse ! Et les sciences humaines ? Inutile, bien entendu.
Et cela n'est malheureusement, qu'un exemple parmi d'autres. Réforme envisagé du Baccalauréat, réforme du primaire, restriction des options, ... Il nous est donc bien difficile d'établir quelque constat positif que ce soit sur l'éducation telle qu'elle semble évoluer. Nonobstant, un tel changement, si rapide, innatendu et contesté, ne saurait être irréversible. Il faut donc trouver les moyens de contrer cette évolution. Ces moyens ne sont pas dans toutes les mains. En effet, nous avons vu que les moyens politiques pour la combattre étaient vains et peu nombreux. C'est donc à la communauté éducative de s'élever contre cela. Primaire, secondaire, tertiaire, tous doivent farouchement combattre cette vague d'appauvrissement intellectuel. Comment ? Par pétitions, par associations, par manifestations et par bien d'autres moyens encore. L'émergence d'une nouvelle pensée politique est ici un élément nécessaire. Elle se devra de mettre l'éducation et l'Homme au centre de la société. Une société qui par là-même ne fera que faire progresser la civilisation, entrainer l'épanouissement individuel, rendre la démocratie possible et crédible.

Ainsi, bien que les jours présents ne soient pas toujours des plus heureux en ce qui concerne cet épineux sujet qu'est l'éducation, les moyens pour permettre une réelle progression de cette question existent. Certes, telle n'est pas la tendance actuelle, certes il est à craindre que si nous attendons trop, elle devienne irréversible. Mais toujours l'espoir doit triompher. Il faut donc espérer pour demain une meilleure éducation, mieux conçue, source de bonheur et d'intelligence.