
L'Union Européenne, à l'heure d'aujourd'hui, peut malheureusement être décrite comme un vaste marché commun, une réunion d'Etats néolibéraux et policiers qui ne s'accordent que sur la défense, l'immigration, l'économie, la sécurité. Travail ? Développement durable ? Démocratie ? Non, l'UE préfère se doter d'institutions entièrement anti-démocratiques telle que la Commission européenne, présidée par le très libéral M. Barroso, dont la légitimité repose sur son amitié avec les chefs d'Etat européens (la large majorité de ceux-ci est située à droite, pour ne pas dire à l'extrême droite (Berlusconi, Sarkozy, Kaczynski, Merkel...). L'Union est divisée en politique étrangère, comme le prouve le jeu de cavalier seul de la Pologne depuis son intervention en Irak, jusqu'à la signature du Traité entérinant la mise en place d'un bouclier anti-missiles sur son territoire. Sur le territoire européen. L'Union est donc devenue une base arrière des Etats-Unis pour gérer les conflits régionaux. Tous ces constats sont durs, douloureux même. Néanmoins, les faire est une obligation. Il y a donc deux parties à traiter : la poitique intérieure de l'Union, et sa politique étrangère.
La crise européenne est avant tout démocratique. De la BCE à la Commission, l'impact citoyen est nul sur le gouvernement de l'Union. Cela essentiellement car l'Union n'est pas suffisamment politique. Il faudrait en effet choisir réellement ce que les Européens veulent pour l'Union. Chaque citoyen a envie d'Europe (hormis les nationalistes, bien entendu), mais pas de l'Europe telle qu'elle se construit aujourd'hui, sous nos yeux. La politique monétaire est ainsi offerte à des technocrates illégitimes par rapport au suffrage universel. Le Parlement n'a qu'un faible rôle de contrôle, et les tendances politiques divergent considérablement d'un pays à l'autre. Notamment à gauche. Sous prétexte d'uniformiser les gauches européennes, il ne faut en aucun cas perdre, comme en Espagne, en Angleterre, en Italie, le sens des valeurs humanistes et justes que le PS doit porter en héritage des grands Jaurès, Blum et Mitterrand. Ainsi, la agauche doit se retrouver à travers un projet commun de République Fédérale et Sociale d'Europe. Car telle est l'Union que les citoyens veulent. Une Union sociale, une Union protectrice. Une Union Juste. Une Union de la Culture. Car le partage des cultures est nécessaires, ainsi que l'installation d'une société de la Culture, de l'Education, de l'information. Car les citoyens doivent disposer des moyens intellectuels pour voter. Ils ne les ont pas aujourd'hui. Professionalisation, parcours trop généraux et peu individualisés (pas partout en Europe, Suède...), médias en quête de profits, culture inaccessible financièrement sont les maux qui rongent aujourd'hui l'Union. A la gauche de les traiter ! A la gauche de s'y attaquer avec force. La gauche doit redevenir révolutionnaire, par la réforme. Elle doit bouleverser l'ordre des choses. Cette Union de la culture suppose une réforme en profondeur de notre société productiviste, de notre marché du travail, qui ne laisse pas actuellement le temps aux citoyens de prendre pleinement possession de leur fonction politique. Telle est l'Union que nous nous devons, nous socialistes, de construire. C'est pour une telle Union que nous devons nous battre !
Une République Fédérale organisée autour d'un Parlement fort élus par des citoyens avertis pourrait assumer pleinement, sereinement car démocratiquement un rôle prépondérant sur la scène internationale, rôle appuyé par une recherche puissante, bénéficiant des nombreux scientifiques et intellectuels de génie que l'Union possède en son sein. Plus d'asservissement aux États-Unis, plus de désert social, plus d'abrutissement de masse. Les problèmes de politique étrangère seraient alors annihilés. Pour promouvoir cette Europe, il faut dire non à l'Europe des caméras ! Non à l'Europe des prisons ! Non à l'Europe des militaires ! Non à l'Europe des juges ! Non à l'Europe des policiers ! Non à l'Europe qui méprise les immigrés ! Et, haut et fort, nous devons clamer : Oui à une Europe sociale ! Oui à une Europe démocrate ! Oui à une Europe cultivée ! Oui à une Europe de Liberté, d'Egalité, de Fraternité.
Autour des forces de gauche européennes, construisons cette Europe !
Commentaires
Gauche européenne ?
Les forces de gauche européennes: la partie est loin d'être gagnée si déjà rien qu'en Allemagne le SPD (sociodémocrates) se refuse à tendre la mains aux Linke (socialistes/ex-communistes)!
A propos de l'énumération entre parenthèses des dirigeants européens d'extrême-droite l'accollement de Merkel à Kaczinsky fait mal! Je ne suis pas CDU mais laissons à Angie le mérite de modérer son parti et de parler franc en politique étrangère (ce pour quoi elle est très critiquée comme le fut Ségolène).
Juste un point encore: une Europe de Liberté, d'Egalité. de Fraternité, c'est bien! Mais il faudrait commencer à voir l'Europe pour ce qu'elle est, et non pas pour une France en grand!!! Ces valeurs sont celles de la France, sont-elles partagées à cette ampleur par nos voisins? Pas sûr: la devise allemande ne place la Liberté qu'en 3e position après Accord et Droit, qui sonnent un peu creux vu de ce côté du Rhin... En outre, autant je comprends les problèmes d'une Europe policière, militaire, etc. autant j'ai de mal à voir en quoi des juges sont néfastes! Merci pour l'éclaircissement.
En effet
En effet, vous soulevez là un problème central de l'Union. Est-elle et doit-elle s'unir sur des valeurs en demi-teintes, à peine partagées par tous ses membres ? La solution, et peut-être est-ce un peu ambitieux, réside en l'idéal internationaliste des forces de gauche. Car là les valeurs sont normalement communes. Mais il est certain qu'à liberté, qu'à fraternité, qu'à égalité, nous pouvons ajouter droit. Car l'Etat de Droit est essentiel. Quant à mon expression "l'Europe des juges", elle n'était là que pour souligner l'aspect punitif que prend l'Union. Et pour Mme Merkel, je précise tout de même "de droite" auparavant.
Merci encore pour cette remarque intéressante à laquelle je n'ai malheureusement pas pu réagir plus tôt.
Pierre-Yves C.